La conférence BUILD Windows tenue à Los Angeles courant septembre fut l’occasion pour Microsoft de parler en détail de son prochain système d’exploitation Windows 8.
Une version très jeune mais contenant plusieurs nouveautés majeures fut présentée et mise à disposition des développeurs et du public dans la foulée. Ce billet donnera des pistes de réflexion sur l’impact de ces nouveautés et abordera l’écosystème Windows existant.
Un vaste écosystème
S’il est facile de s’enthousiasmer pour les chiffres de croissance des terminaux mobiles comme les smartphones et les tablettes, on oublie souvent que l’écosystème Windows est gigantesque. Plus de 450 millions de licences du dernier OS de Microsoft, Windows 7, ont été vendues en l’espace de 2 ans (octobre 2009). Ce chiffre lui permet de dépasser Windows XP comme l’OS le plus répandu sur les PCs (40.17% contre 38.72%) à travers le monde. Une telle base représente aussi bien les ordinateurs de bureau que les portables en passant par les tablet PCs. Ces derniers n’ont jamais vraiment réussi à convaincre et ni à atteindre une part de marché critique.
Fort du constat que cet écosystème colossal est une cible potentielle alléchante pour tous les développeurs à travers le monde, la prochaine version de Windows contiendra une variante de la Marketplace déjà connue sur les autres services Microsoft (Windows Phone, Xbox, Zune) et très proche des leaders du marché que sont l’App Store et l’Android Market. Sa particularité sera de faire cohabiter
- des applications d’un nouveau type introduit par Windows 8 : les Metro-style apps,
- des applications existantes (comme Adobe Photoshop, Quicken, etc…) sous forme de liens vers les sites web des éditeurs
Afin de permettre à Windows de toucher le segment des tablettes peu onéreuses et plus mobiles que les Tablet PC existants, Microsoft a annoncé la compatibilité de l’OS avec l’architecture ARM équipant l’immense majorité des tablettes à l’heure actuelle.
Le touch et les Metro-style apps
Même si Windows fut un des premiers OS à intégrer les éléments techniques nécessaires à la gestion des interactions tactiles, il s’agissait davantage d’un substitut à la souris et au clavier que d’une intégration profonde dans les codes d’interaction et le design des applications. Le succès phénoménal des interfaces tactiles pures que sont l’iPhone et l’iPad démontre l’importance de proposer des interfaces adaptées, performantes et centrées sur l’utilisateur final. Les usages en mobilité diffèrent également des usages sédentaires par leur focalisation sur une tâche unique, tandis qu’un PC est plus adapté à l’exécution de tâches simultanées.
Ces applications Metro n’ont pas pour vocation de remplacer les applications historiques Windows comme la suite Office, Photoshop et tous les logiciels existants. Elles nécessiteront un nouveau développement sur un nouveau framework ainsi qu’une nouvelle ergonomie mais permettront de réutiliser des compétences largement répandues (.Net, HTML 5 et JavaScript, C++).
Les applications Windows 8 sont donc inspirées du monde mobile et plus précisément de Windows Phone. Elles partagent en effet toutes un même langage graphique appelé Metro et sont affichées sur la page de démarrage présentant une ergonomie horizontale. Les principes d’interaction de ces applications sont volontairement orientés touch afin de permettre une ergonomie valable pour des tablettes et des PC utilisant clavier et souris.
Les prochaines étapes
Microsoft n’a pas communiqué de date pour la sortie de Windows 8, la qualité de l’expérience d’utilisation des nouvelles fonctionnalités sur les différents supports et la qualité des outils de développement mis à disposition des développeurs qui feront effectivement vivre la plate-forme. Il serait cependant raisonnable de tabler pour une sortie fin 2012, étant donnée la maturité affichée de la direction de l’OS.





